Réponse courte
Six éléments tiennent sur une page : les outils d’IA approuvés, les renseignements qui ne doivent jamais y entrer, les cas où une personne doit vérifier le résultat, les moments où il faut dire que l’IA a servi, la personne à qui poser ses questions et la façon de tout consigner. Ajoutez-y une courte séance de formation pratique, ce que l’UE attend désormais aussi des entreprises dont l’usage de l’IA touche l’Europe.
Question de suivi Comment former votre personnel à la littératie en IA sans gros budget?
Dans la plupart des petites équipes, l’IA arrive avant les règles. Quelqu’un commence à rédiger ses courriels avec un robot conversationnel, une autre personne résume ses notes de réunion, et une troisième colle un dossier client dans un outil gratuit pour gagner du temps. Rien de tout cela n’est malveillant, mais sans règles communes, chacun fait ses propres choix en matière de confidentialité, d’exactitude et de divulgation. Une politique d’une page règle ce problème avec très peu d’effort, à condition de rester assez courte pour que les gens la lisent vraiment.
Le but n’est pas d’employer un langage juridique. Une bonne politique répond aux questions que le personnel se pose déjà : « Puis-je utiliser cet outil? Puis-je coller ceci? Dois-je le vérifier? À qui dois-je demander? »
Les six parties d’une politique d’une page
| Partie | La question à laquelle elle répond | Exemple de formulation |
|---|---|---|
| Outils approuvés | Quels outils d’IA puis-je utiliser au travail? | « Utilisez seulement les comptes d’entreprise de l’assistant que nous payons. Les comptes personnels et les outils gratuits ne servent pas au travail pour les clients. » |
| Renseignements interdits | Qu’est-ce qui ne doit jamais y entrer? | « Aucun nom de client, détail de santé, numéro d’assurance sociale, mot de passe ou contrat. Remplacez les noms par des rôles (“le client”, “le fournisseur”). » |
| Révision humaine | Quand une personne doit-elle vérifier? | « Tout ce qui sort de l’entreprise, est publié ou sert à prendre une décision au sujet d’une personne est lu et approuvé par une personne avant. » |
| Divulgation | Quand disons-nous que l’IA a servi? | « Le robot conversationnel de notre site indique qu’il est une IA. Les images publiées faites avec l’IA sont identifiées. » |
| Questions et incidents | À qui dois-je demander, et que faire en cas de problème? | « Demandez à Marie. Si vous avez collé quelque chose qu’il ne fallait pas, dites-le-lui le jour même. » |
| Archives | Comment montrons-nous ce que nous faisons? | « Marie tient la liste des outils approuvés, de leurs réglages de confidentialité et des personnes formées. » |
La ligne des renseignements interdits suit les principes que les commissaires à la protection de la vie privée fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada ont publiés en décembre 2023 sur l’IA générative. Ils recommandent d’utiliser, quand c’est possible, des renseignements anonymisés ou dépersonnalisés dans les prompts, et de n’entrer des renseignements personnels sensibles que lorsque c’est autorisé. Ils rappellent aussi que ce qu’une IA déduit au sujet d’une personne identifiable est en soi un renseignement personnel, ce qu’on oublie facilement quand un outil « devine » l’humeur ou le revenu d’un client. Au Québec, la Loi 25 ajoute ses propres étapes, comme une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP) avant d’adopter un nouvel outil qui traite des renseignements personnels.
Un exemple concret
Voici comment une entreprise d’aménagement paysager de sept personnes en Outaouais pourrait remplir sa page :
NOS RÈGLES SUR L'IA (version 1, octobre 2026)
1. Outils : seulement notre compte payant d'assistant. L'entraînement sur nos données est désactivé.
2. Ne jamais coller : noms ou adresses de clients, prix des contrats signés,
dossiers d'employés, tout ce qui contient un numéro de carte ou d'identité.
3. Vérifier avant l'envoi : soumissions, courriels aux clients et publications
sont lus par la personne qui les signe.
4. Le dire : le clavardage du site indique « assistant IA »; les images d'IA sont identifiées.
5. Questions ou erreurs : demandez à Julie (gestionnaire de bureau), le jour même.
6. Archives : Julie conserve cette page, la liste des outils et le registre des formations.
Prochaine révision : avril 2027.
Un assistant d’IA peut vous aider à rédiger la vôtre. Donnez-lui vos faits et demandez-lui de rester bref :
Rédige une politique d’utilisation de l’IA d’une page pour une entreprise de [nombre] personnes
dans le domaine [type d’entreprise], en [province]. Nous utilisons ces outils d’IA : [liste].
Nous traitons ce type de renseignements personnels : [liste]. Emploie un langage simple
et six courtes sections : outils approuvés, renseignements à ne jamais coller, révision humaine,
divulgation, personne à qui demander, archives. Maximum 250 mots. Ensuite, dresse la liste de
trois questions auxquelles je devrais répondre moi-même avant de l’adopter.À essayer : demandez à chaque membre de votre équipe de noter les outils d’IA utilisés la semaine dernière et ce qu’il y a collé. Comparez cette liste avec votre projet de politique; chaque surprise correspond à une ligne qui manque à votre politique.
Comment former votre personnel à la littératie en IA sans gros budget?
La littératie en IA désigne les compétences et la compréhension dont les gens ont besoin pour utiliser les outils d’IA de façon éclairée et en saisir les possibilités et les risques. Dans l’Union européenne, c’est une obligation légale : l’article 4 de la législation de l’UE sur l’IA, réécrit par l’Omnibus numérique de 2026, exige des fournisseurs et des déployeurs qu’ils prennent des mesures pour soutenir la littératie en IA de leur personnel et des autres personnes qui utilisent des systèmes d’IA en leur nom. Il n’exige pas de niveau garanti pour chaque personne. Les questions et réponses de la Commission européenne, mises à jour le 20 octobre 2026, ajoutent qu’il n’y a pas de format obligatoire, qu’aucun certificat n’est nécessaire et qu’un registre interne des formations suffit. Elles précisent aussi que l’obligation peut viser des entreprises hors de l’UE lorsque leur usage de l’IA touche des personnes qui s’y trouvent. Le droit canadien n’a pas d’équivalent général, mais les mêmes habitudes protègent n’importe quelle entreprise.
Un plan à petit prix qui suit ces orientations :
- Une heure, ensemble. Expliquez ce que sont les outils, comment ils produisent leurs réponses et quels risques ils présentent pour votre travail. L’exemple de la Commission elle-même : le personnel qui utilise ChatGPT pour rédiger des textes publicitaires ou traduire devrait connaître les hallucinations, c’est-à-dire des réponses fausses présentées avec assurance. Montrez une vraie erreur commise par un outil sur le genre de tâche que vous faites.
- Lire la politique à voix haute. Passez la page en revue et répondez aux questions. C’est là que chacun comprend ce que « ne jamais coller » veut dire dans son propre travail.
- Adapter selon le rôle. La Commission indique que la formation peut varier selon les connaissances et le rôle. La personne qui gère le robot conversationnel du site a besoin de plus que celle qui rédige seulement des courriels, et un sous-traitant qui utilise l’IA pour vous a besoin des mêmes bases que le personnel.
- S’exercer. Demandez à chacun d’apporter une tâche, de l’exécuter avec l’outil approuvé et de vérifier le résultat ensemble.
- Tout noter. La date, les personnes présentes, ce qui a été couvert. Conservez ces notes avec la politique.
- Faire un rappel deux fois par année, ou chaque fois que vous adoptez un nouvel outil.
Du matériel gratuit peut combler le reste : les pages d’aide des fournisseurs sur les réglages de confidentialité, les orientations des commissaires à la protection de la vie privée et, pour les équipes qui ont des clients européens, le répertoire évolutif de pratiques de littératie en IA de la Commission. Si votre entreprise utilise l’IA pour prendre des décisions au sujet de personnes, comme l’embauche ou le crédit, obtenez des conseils sur les règles précises avant de vous fier à une politique d’une page seulement.
Sources
- AI Literacy - Questions & Answers — European Commission (Shaping Europe's digital future), 20 octobre 2026
- Regulation (EU) 2026/1744 (Digital Omnibus on AI) — Official Journal of the European Union (EUR-Lex), 24 juillet 2026
- Principles for responsible, trustworthy and privacy-protective generative AI technologies — Office of the Privacy Commissioner of Canada, with provincial and territorial privacy authorities, 7 décembre 2023