Réponse courte
Zapier et Make, le nouveau nom d’Integromat, relient tous deux des applications sans code, mais ils ne comptent pas l’utilisation de la même façon : Zapier facture une tâche pour chaque action exécutée, alors que Make facture une opération pour chaque module qui démarre, y compris chaque vérification programmée de nouvelles données. Pour une première automatisation simple, les deux conviennent; ce sont les règles de calcul qui déterminent le forfait dont vous avez besoin.
Question de suivi Quand n8n est-il plus judicieux?
Le mois dernier, Integromat est devenu Make. Le 22 février, l’entreprise de Prague a annoncé un nouveau nom, une plateforme reconstruite et le choix d’un hébergement en Europe ou en Amérique du Nord. Integromat reste offert comme produit hérité jusqu’à la fin de 2022, et les nouveaux clients s’inscrivent désormais directement à Make. Si vous vous apprêtez à créer votre première automatisation, la question n’est plus Zapier ou Integromat, mais Zapier ou Make.
Les deux outils reposent sur la même idée de base. Quelque chose se produit dans une application (le déclencheur), et l’outil exécute des étapes dans d’autres applications (les actions). Zapier appelle chaque flux de travail un Zap. Make l’appelle un scénario, et chacune de ses étapes, un module. Les différences qui comptent pour une personne qui débute sont la façon de construire, la façon de compter l’utilisation et ce que permettent les forfaits gratuits.
Comment on construit
Zapier présente un Zap comme une séquence : un déclencheur, puis les actions qui suivent, remplies étape par étape. On l’apprend vite, et il convient aux flux de travail qui se déroulent en ligne droite.
Make utilise un canevas visuel. Vous y glissez des modules et les reliez entre eux, si bien qu’un scénario ressemble à un petit diagramme. Les embranchements, les boucles et les transformations de données sont ainsi plus faciles à voir, au prix d’une première heure un peu plus exigeante. La page des tarifs de Make met en avant ce constructeur par glisser-déposer, et chaque forfait, y compris le gratuit, l’inclut, de même que les applications personnalisées et un nombre illimité d’utilisateurs.
Comment l’utilisation est comptée
C’est là que les deux diffèrent le plus.
| Zapier | Make | |
|---|---|---|
| Unité de facturation | Tâche | Opération |
| Ce qui compte | Chaque action qui transfère des données ou fait quelque chose avec succès | Chaque démarrage d’un module, quel qu’il soit, y compris le déclencheur |
| Vérifier s’il y a de nouvelles données coûte-t-il quelque chose? | Non, les déclencheurs n’utilisent pas de tâches | Oui, le premier module compte pour une opération à chaque exécution, même quand il ne trouve rien |
| Quand vous êtes à court | Les tâches sont mises en attente jusqu’à ce que vous passiez à un forfait supérieur ou que le mois recommence | Il vous faut plus d’opérations ou un forfait supérieur |
| Option gratuite | Un forfait gratuit, plus un essai de 14 jours du forfait Professional | Forfait gratuit : 1 000 opérations par mois, 2 scénarios actifs, vérifications au plus toutes les 15 minutes |
| Premier palier payant | Plusieurs paliers selon les tâches mensuelles; 33 % de rabais en paiement annuel | Core : 10 000 opérations par mois pour 9 $ US par mois, facturé annuellement |
Le centre d’aide de Make énonce clairement la règle de calcul : le module déclencheur s’exécute une fois par exécution et compte pour une opération, et chaque module suivant compte une fois pour chaque élément de données qu’il traite. Son propre exemple, trois photos téléchargées, redimensionnées puis téléversées, utilise sept opérations : une pour le déclencheur, trois pour le redimensionnement, trois pour le téléversement.
Le même flux de travail dans les deux outils
Voici une première automatisation typique : un petit groupe communautaire recueille les inscriptions à un événement dans une feuille Google Sheets et veut que chaque nouvelle personne reçoive un courriel de bienvenue et apparaisse dans un canal Slack.
- Déclencheur : nouvelle ligne dans la feuille Google Sheets.
- Action : envoyer un courriel de bienvenue depuis Gmail, avec le nom et l’adresse courriel de la ligne.
- Action : publier « Nouvelle inscription : [nom] » dans un canal Slack.
Supposons 200 inscriptions dans un mois de 30 jours.
Dans Zapier, le déclencheur est gratuit et chaque inscription utilise deux tâches, une par action. Cela fait 400 tâches par mois, quel que soit le délai de mise à jour (la fréquence à laquelle Zapier vérifie la feuille pour trouver de nouvelles lignes).
Dans Make, les deux actions utilisent 400 opérations, comme dans Zapier. Mais chaque vérification programmée de la feuille compte aussi pour une opération, même quand aucune nouvelle ligne n’est trouvée. La fréquence compte :
| Fréquence dans Make | Vérifications par mois | Opérations des actions | Total des opérations | Tient dans les 1 000 gratuites? |
|---|---|---|---|---|
| Toutes les 15 minutes | 2 880 | 400 | 3 280 | Non |
| Toutes les heures | 720 | 400 | 1 120 | Non |
| Une fois par jour | 30 | 400 | 430 | Oui |
La leçon n’est pas qu’un outil coûte moins cher que l’autre. C’est qu’il faut faire le calcul pour votre propre flux de travail. Un courriel de bienvenue quotidien tient facilement dans le forfait gratuit de Make; un envoi presque instantané demande le forfait Core qui, avec 10 000 opérations par mois, le couvrirait largement.
À essayer : choisissez une tâche répétitive de votre semaine et décrivez-la sous forme d’un déclencheur et d’une liste d’actions. Estimez combien de fois par mois elle s’exécutera, puis comptez les tâches Zapier (les actions seulement) et les opérations Make (les actions plus une par vérification programmée) pour deux fréquences différentes.
Quand n8n est-il plus judicieux?
n8n (qui se prononce « n-eight-n ») est une troisième option fondée sur la même idée de déclencheur et d’actions, avec un canevas de nœuds qui ressemble beaucoup à celui de Make. La différence tient à l’endroit où il s’exécute. Selon sa page de projet sur GitHub, n8n suit un modèle dit fair-code : le code source est visible, vous pouvez l’héberger vous-même sur votre propre serveur, par exemple avec Docker, et vous pouvez ajouter vos propres fonctions et intégrations. Il est livré avec plus de 200 nœuds, le nom qu’il donne aux intégrations, et propose un service hébergé, n8n.cloud, pour les personnes qui préfèrent ne pas gérer de serveur.
n8n est plus judicieux dans trois situations. D’abord, quand les données doivent rester sur une infrastructure que vous contrôlez, en raison de règles de confidentialité ou d’ententes avec des clients. Ensuite, quand le volume est élevé : en l’hébergeant vous-même, vous payez votre serveur plutôt que chaque tâche ou opération. Enfin, quand vous avez besoin d’une logique sur mesure ou d’une intégration que les autres n’ont pas, et qu’une personne de l’équipe est à l’aise avec un peu de code.
Il est moins judicieux pour une première automatisation si personne ne veut entretenir un serveur, appliquer les mises à jour et protéger les identifiants comme les clés d’API. Dans ce cas, commencez avec Zapier ou Make, apprenez ce dont vos flux de travail ont besoin, et revenez à n8n une fois que vous connaissez vos volumes et vos contraintes.
Sources
- Counting the number of operations — Make Help Center
- Plans & Pricing | Zapier — Zapier
- Pricing & Subscription Packages | Make — Make (Celonis)