Modèles et laboratoires

Qu’est-ce que Google Bard, et comment l’essayer maintenant qu’il s’ouvre au public?

· Par Robert Scales · 5 min de lecture

Réponse courte

Bard est l’IA conversationnelle de Google, bâtie sur une version allégée de son modèle de langage LaMDA, et le 21 mars 2023, Google a commencé à y donner accès aux gens des États-Unis et du Royaume-Uni par une liste d’attente sur bard.google.com. Google parle d’une expérience préliminaire : Bard propose plusieurs ébauches de chaque réponse et un bouton pour les vérifier dans la recherche Google, et il peut encore affirmer des faits erronés avec assurance.

Hier, le 21 mars 2023, Google a commencé à laisser le public essayer Bard, sa réponse à ChatGPT. Toute personne aux États-Unis ou au Royaume-Uni peut maintenant s’inscrire sur une liste d’attente à bard.google.com, et Google admet les gens graduellement. L’entreprise avait présenté Bard pour la première fois en février, mais jusqu’ici, seuls des testeurs pouvaient l’utiliser.

Google choisit ses mots avec soin. Elle ne qualifie pas Bard de produit, ni même de service achevé. Elle parle d’« une expérience préliminaire » pour travailler avec l’IA générative, et affirme que la principale raison de cette ouverture est d’obtenir les commentaires de beaucoup plus de gens.

Ce qui s’est passé, et qui est derrière

L’annonce a été faite dans un billet de Sissie Hsiao, vice-présidente des produits de Google, et d’Eli Collins, son vice-président de la recherche. L’accès commence dans deux pays et en anglais, et d’autres pays et d’autres langues sont prévus avec le temps. Google n’a pas dit quand Bard sera offert à tout le monde, et les reportages laissent entendre que le déploiement sera lent.

Le moment compte. Au cours des derniers mois, ChatGPT d’OpenAI est devenu un nom connu de tous, Microsoft a ajouté un robot conversationnel à son moteur de recherche Bing, et la semaine dernière à peine, OpenAI a lancé GPT-4 et Microsoft a annoncé l’aide de l’IA dans ses applications Office. Google, dont les chercheurs ont inventé l’architecture Transformer derrière tous ces systèmes, met maintenant son propre robot conversationnel devant le public.

Comment fonctionne Bard?

Bard repose sur un grand modèle de langage, un programme entraîné sur d’énormes quantités de texte pour prédire les mots qui devraient venir ensuite. Plus précisément, il utilise une version allégée et optimisée de LaMDA (Language Model for Dialogue Applications), un modèle que Google a présenté pour la première fois en 2021. Google a choisi la version allégée parce qu’elle demande moins de puissance de calcul et peut servir plus de gens. L’entreprise affirme que Bard passera avec le temps à des modèles plus récents et plus performants.

L’explication de Google est bonne pour les débutants. Un grand modèle de langage fonctionne comme un moteur de prédiction : à partir de votre prompt, il construit une réponse un mot à la fois, en choisissant parmi les mots susceptibles de venir ensuite. S’il prenait toujours le mot le plus probable, le texte serait terne : on y ajoute donc un peu de hasard. C’est aussi pourquoi la même question peut donner des réponses différentes.

L’écran de Bard reflète cela. Voici ce que vous verrez quand vous poserez une question :

FonctionCe qu’elle faitPourquoi elle est là
ÉbauchesJusqu’à trois versions différentes de la réponseVous permet de choisir le meilleur point de départ
Questions de suiviPoursuivre la conversation dans le même filPeaufiner ou corriger la réponse
RegénérerDemander à Bard de réessayerObtenir une nouvelle tentative
« Google it »Suggère des recherches et ouvre la recherche Google dans un nouvel ongletVérifier les affirmations de Bard auprès de vraies sources
Limite d’échangesPlafonne le nombre de tours dans une conversationUn garde-fou pour garder les échanges sur le sujet

Pourquoi c’est important, et ce que Google reconnaît

Google est d’une franchise inhabituelle au sujet des défauts. Les grands modèles de langage apprennent à partir de textes qui contiennent des biais et des stéréotypes bien réels, et ceux-ci peuvent apparaître dans les réponses. Ils peuvent aussi se tromper tout en ayant l’air sûrs d’eux. Dans sa propre annonce, Google montre Bard en train de suggérer des plantes d’intérieur faciles d’entretien et de se tromper sur le nom scientifique de la plante ZZ : c’est Zamioculcas zamiifolia.

Cette franchise vous indique comment utiliser Bard. Google le décrit comme un complément à la recherche, pas comme un remplacement. Le bouton « Google it » existe précisément pour que vous puissiez vérifier ce que dit Bard. Les premiers comptes rendus notent aussi que Bard répond rapidement, peut-être parce que peu de gens l’utilisent pour l’instant.

Pour Google, les enjeux sont élevés. La recherche est au cœur de ses affaires, et l’IA conversationnelle pourrait changer la façon dont les gens cherchent de l’information. Bard est le premier grand test public de cette idée pour l’entreprise.

Prompt
Je veux lire plus de livres cette année. J’ai environ 20 minutes par jour et j’ai tendance à abandonner les longs romans à mi-chemin. Suggère cinq habitudes pratiques et explique pourquoi chacune fonctionne.

À essayer : si vous y avez accès, soumettez le prompt ci-dessus à Bard, puis ouvrez les trois ébauches. Comparez-les côte à côte : laquelle est la plus pratique pour vous, et l’une d’elles contient-elle une affirmation que vous voudriez vérifier avec le bouton « Google it »?

Comment tirer le meilleur parti de Bard tant qu’il reste une expérience?

Commencez par vous inscrire sur la liste d’attente à bard.google.com avec un compte Google, si vous habitez aux États-Unis ou au Royaume-Uni. L’accès est accordé graduellement : il peut donc s’écouler un certain temps avant que vous soyez admis.

Une fois admis, voyez Bard comme un partenaire de remue-méninges. Les exemples de Google indiquent de bons premiers usages : des conseils pour un objectif personnel, une explication simple d’un sujet difficile comme la physique quantique, ou le plan d’un billet de blogue. Ouvrez les autres ébauches avant de vous arrêter sur une réponse, et servez-vous de questions de suivi pour l’orienter, par exemple « fais plus court » ou « donne-moi des exemples pour débutants ».

Pour tout ce qui est factuel, comme les noms, les dates, les chiffres ou les questions de santé et d’argent, vérifiez avant de vous y fier. Appuyez sur « Google it » et lisez les sources vous-même. N’oubliez pas que chaque conversation a un nombre de tours limité : si un échange arrive au bout, commencez-en un nouveau et redonnez les détails essentiels.

Enfin, faites part de vos commentaires quand Bard réussit ou rate quelque chose. Google a dit clairement que les commentaires sont la raison de ce lancement, et que l’aide à la programmation, d’autres langues et des fonctions multimodales (qui traitent des images aussi bien que du texte) s’en viennent. Ce que rapporteront les premiers utilisateurs façonnera ce que Bard deviendra.

Sources

  1. Try Bard and share your feedback — Google (Sissie Hsiao and Eli Collins), 21 mars 2023
  2. Google starts opening access to its Bard chatbot in the US and UK — SiliconANGLE (Maria Deutscher), 21 mars 2023

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