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Que sont les Projects de Claude, et comment gardent-ils le contexte?

· Par Robert Scales · 5 min de lecture

Réponse courte

Les Projects de Claude sont des espaces de travail dans Claude.ai où vous regroupez des conversations liées avec un ensemble commun de documents, appelé les connaissances du projet, et des instructions personnalisées. Chaque nouvelle conversation dans le projet commence avec ces connaissances et ces instructions déjà en vue : vous n’avez plus à réexpliquer votre situation ni à retéléverser les mêmes fichiers chaque fois.

Quiconque utilise un robot conversationnel pour un travail suivi connaît la routine : ouvrir une nouvelle conversation, recoller le guide de rédaction, réexpliquer le projet, retéléverser le même rapport. Anthropic appelle cela le problème du « démarrage à froid », et le 25 juin, elle a lancé les Projects (projets) dans Claude.ai pour les abonnés Pro et Team afin de le régler.

Un projet est un dossier doté d’une mémoire. Vous y gardez les conversations sur un même travail et, à côté, deux choses que Claude lit au début de chaque conversation de ce projet : les connaissances du projet, soit les documents et le texte que vous téléversez, et les instructions personnalisées, une consigne permanente sur la façon dont Claude doit répondre.

Comment les projets gardent le contexte

Un modèle de langage n’a pas de mémoire durable d’une conversation à l’autre. Ce qu’il sait dans une conversation donnée, c’est ce qui tient dans sa fenêtre de contexte, la quantité de texte qu’il peut considérer d’un coup, mesurée en jetons (de petits morceaux de mots). Chaque projet offre une fenêtre de contexte de 200 000 jetons, qu’Anthropic compare à un livre de 500 pages.

Les projets utilisent cette fenêtre de façon délibérée. Quand vous ouvrez une nouvelle conversation dans un projet, vos fichiers de connaissances et vos instructions sont placés dans le contexte avant votre premier message, si bien que Claude répond comme s’il avait lu votre matériel et votre consigne. À partir de là, la conversation fonctionne comme n’importe quelle autre.

Ce qui passe d’une conversation à l’autre, c’est ce que vous mettez dans les connaissances et les instructions. Une conclusion tirée dans la conversation de mardi dernier n’est pas automatiquement connue dans celle d’aujourd’hui. Si une décision compte pour la suite du travail, ajoutez-la aux connaissances du projet, par exemple sous forme d’une courte note « décisions prises jusqu’ici », et toutes les conversations suivantes l’auront.

Les projets peuvent utiliser Claude 3.5 Sonnet, le plus récent modèle d’Anthropic. Anthropic précise aussi que les données et les conversations partagées dans les projets ne servent pas à entraîner ses modèles sans le consentement explicite de l’utilisateur.

Un exemple concret : une infolettre de bénévoles

Imaginez que vous éditez l’infolettre mensuelle d’une association de quartier. Voici à quoi pourrait ressembler un projet pour ce travail.

Nom du projet : Infolettre de l’association

Instructions personnalisées :

Prompt
Tu aides à éditer l’infolettre mensuelle de l’Association des voisins de la Rivière.
Lecteurs : environ 400 ménages, beaucoup de retraités, quelques nouvelles familles.
Ton : chaleureux, simple, pratique. Paragraphes courts. Pas de jargon.
Applique toujours les règles d’orthographe et de nommage de la « Feuille de style ».
N’invente jamais de dates, de noms, de prix ou de lieux : si un détail manque
dans mes notes ou dans les fichiers de connaissances, demande-le-moi.
Chaque article se termine par une ligne sur la façon de s’impliquer ou d’en savoir plus.

Connaissances du projet :

FichierPourquoi il est là
Feuille de style (1 page)Noms de rues, façon d’écrire les dates et les heures, mots à éviter
Trois anciennes infolettresMontrent la voix et la longueur que les lecteurs connaissent
Résumé des règlements de l’associationPour que les détails sur les assemblées et les votes soient décrits correctement
Liste des contacts et des lieuxNoms, salles et adresses exacts
Décisions prises jusqu’ici (note tenue à jour)Choix faits dans des conversations précédentes, comme le nom de la nouvelle chronique

Une conversation dans le projet :

Prompt
Rédige l’article principal d’octobre à partir de ces notes :
[collez les notes de réunion sur la journée de nettoyage d’automne]
Environ 250 mots.

Comme la feuille de style, les anciens numéros et la liste des lieux sont déjà dans le contexte, l’ébauche devrait utiliser les bons noms de rues, la voix familière et la bonne salle de réunion, sans que vous fournissiez quoi que ce soit de cela dans ce message. Les résultats varient : vérifiez donc chaque nom et chaque date par rapport à vos notes avant d’imprimer.

À essayer : choisissez une tâche récurrente, comme un rapport hebdomadaire ou un cours que vous donnez. Créez un projet, écrivez cinq lignes d’instructions personnalisées et ajoutez deux ou trois fichiers de référence. Posez ensuite la même question dans une conversation ordinaire et dans le projet, et comparez ce qui a changé.

Partager avec une équipe

Dans le forfait Team, des collègues peuvent travailler dans un projet partagé, et les membres peuvent publier des instantanés de conversations utiles dans le fil d’activité du projet. Une bonne conversation devient ainsi un exemple dont les autres peuvent s’inspirer, comme le prompt qui a produit un compte rendu de réunion impeccable ou la conversation qui a réglé une formule de tableur délicate. Anthropic a dit prévoir, au cours des prochains mois, de permettre aux projets de puiser des connaissances dans des applications et des outils populaires au moyen d’intégrations.

Que faut-il mettre dans les connaissances d’un projet?

Mettez-y le matériel que vous remettriez à un nouveau collègue compétent à sa première journée : les documents de référence qu’il aurait besoin de consulter encore et encore. Les exemples d’Anthropic elle-même sont les guides de rédaction, le code source, les transcriptions d’entrevues et les travaux antérieurs. Les bons candidats ont trois traits en commun : ils sont stables, ils servent à la plupart des tâches du projet et ils sont exacts.

Privilégiez des documents courts et ciblés plutôt que de grandes archives. Une feuille de style d’une page influencera chaque réponse; un dossier de 300 pages de vieux procès-verbaux ajoute surtout du bruit et consomme du contexte qui pourrait contenir quelque chose de plus utile. Si vous avez une longue source, envisagez de rédiger un résumé des parties importantes et de téléverser ce résumé à la place.

Gardez les connaissances à jour. Remplacez les versions périmées plutôt que d’en ajouter de nouvelles à côté, pour que Claude n’ait jamais à choisir entre deux listes de prix contradictoires. Une note « décisions prises jusqu’ici » tenue à jour est souvent le fichier le plus précieux de tous, parce que c’est ainsi que les conclusions d’une conversation parviennent à la suivante.

Laissez de côté ce qui n’a pas sa place. Les données personnelles sensibles, les mots de passe et les dossiers confidentiels de clients devraient rester à l’écart, à moins que votre forfait et les règles de votre organisation le permettent clairement. Et rappelez-vous que les instructions et les connaissances ne font pas le même travail : les règles sur le ton et le format vont dans les instructions personnalisées, les faits et le matériel de référence vont dans les connaissances.

Sources

  1. Collaborate with Claude on Projects — Anthropic, 25 juin 2024
  2. Claude 3.5 Sonnet — Anthropic, 20 juin 2024

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